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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 10:37

L'exploitation du gaz et huile de schiste en Europe peut - elle être une chance pour son développement économique, voir une transition indispensable avant les énergies renouvelables?

Pour cela il nous faut d'abord évaluer les besoins énergétiques de l'U.E et ressources énergétiques mondiales

source: Samuel Furfari, maître de conférence à bruxelles dossier diplomatie n°72:

Au sein de l'UE la chaleur représente 50% de la demande finale d'énergie, le transport 28%, l'électricité 22°/° est la moins importante en terme de % de consommation finale.

Energie et électricité ne sont pas synonyme, et bien souvent le débat sur l'énergie, nucléaire, renouvelables(éolien et solaire) ne concerne que cette dernière. En Europe, depuis les crises pétrolières des années 70, on ne produit presque plus d'électricité à partir du pétrole.

Actuellement 1,3 milliard d'êtres humains dans le monde(=2,6 fois la population européenne) n'ont pas accès à l'électricité et plusieurs milliards y ont un accès aléatoire, de plus, 2,7 milliards de personnes(5 fois la population européenne)cuisinent sur un feu à même le sol en utilisant l'énergie renouvelable. La demande d'énergie mondiale continue à croître.

De ceci plusieurs idées se dégagent:

  • Pour l'UE, aux grandes variations saisonnières, la dépense en chaleur est particulièrement importante, chaleur liée à l'industrie chimique, mais aussi au chauffage de confort des habitations qui peut utiliser toutes les formes d'énergies, électrique compris. Pour l'Afrique ou d'autres régions au climat chaud, l'évolution de l'urbanisation diffère du modèle européen, en ce sens qu' il n'y a pas nécessité de chauffage de confort, par contre, il serait infiniment souhaitable que l'électricité remplace la cuisson par le feu, à la fois pour des raisons de commodités dans un contexte d'urbanisation(immeubles) limitant l'occupation au sol et pour lutter contre la déforestation qui aggrave l'effet de serre par diminution de la capacité photosynthétique de consommation du CO2 et rejet d'O2. Si le contexte politico-économique(ruine par les incessantes guérillas) le permet, une forte augmentation d'électricité, et donc du marché des énergies renouvelables autonomes(éolien, solaire) dans des zones où centrales électriques et réseaux sont quasi inexistants. Le marché européen éolien et solaire pourrait donc être soutenu par l'exportation vers l'Afrique à condition que ses créanciers soient solvables.
  • Que représente la dépense énergétique en France en ce qui concerne l'habitat? *Plus de 76% de la population vit en milieu urbain en France et 43% de l'énergie consommée est lié à l'habitat, d'où l'importance d'investir dans l' isolement des locaux, l'économie par une urbanisation mieux penser(perte de chaleur de l'habitat sous forme de lotissements par rapport à l'ancien habitat de village, maisons jumelés rectangulaires avec longueur en commun et largeur vers l'extérieur). Mais c'est également sur le transport(28%) que l'économie doit être faite. Alors que l'électricité ne représente que 22% de l'énergie totale, la proposition de Mme le ministre Ségolène Royal de développer la voiture électrique par un bonus de l'état(10000E) qui est une incitation à l'achat et donc une augmentation de la consommation, et une autorisation pour ces véhicules d'utiliser les voies des transports en commun au détriment de ces derniers, la part de l'électricité ne peut qu'augmenter ! Hors l'éolien et le solaire ne seraient y répondre, cette mesure risque donc que de légitimer un renouvellement du parc nucléaire dont les centrales vieillissent, ou encore la construction de centrales thermiques qui pourraient justifier l'exploitation du gaz et huile de schiste en Europe afin que nos importations d'hydrocarbures n'augmentent pas!
  • Il y a en tout cas une forme de transport qu'il faut économiser pour pouvoir promouvoir solaire et éolien: le transport d'énergie: le site de production doit être choisi pour optimiser l'alimentation primaire(Sahara pour le solaire) et coupler directement au site de production industrielle ou artisanale. Ce qui pourrait amener à une modification dans ces cas l'organisation du travail: 3 à 6 mois, 6j/7 de travail alternant avec la même durée de repos, journée variant de 8 à 12h en fonction du travail, actif ou surveillance(protection du site au terrorisme).

*http://www.urbalyon.org/AffichePDF/Energie-_depenses_des_menages_habitat-energie_et_mobilite-_quel_rapport_--1727

Les réserves énergétiques mondiales:

source: Samuel Furfari, maître de conférence à bruxelles dossier diplomatie n°72:

  • Pétrole

Du fait de l'amélioration de la technologie, les réserves pétrolières ont surpris par leur ampleur les entreprises pétrolières qui ont vendu les mines de charbon achetées dans les années 70. ET cela n'est pas dû exclusivement aux hydrocarbures de roche mère(improprement appelés G.D.S). En 1973 les réserves de pétrole conventionnel étaient estimées à 720 milliards de barils; actuellement: 1750 milliards! En 2050 ces réserves devraient être encore plus importantes grâce au progrès continus technologiques de prospection et production, il y a encore des zones non explorées. La part du Moyen Orient dans ces réserves décline de puis une quinzaine d'années.

Cette diversification du marché, le rendant moins dépendant de la géopolitique, le stabilise. On constate d'ailleurs une surproduction, d'où la chute du baril de 110 dollards à 70 D. La peur de la fin des énergies fossiles est donc une injustifiée et ne peut être honnêtement utilisé pour imposer certains choix technologiques.

(...)

  • G.D.S: la production aux USA est passé de 1 million de baril /j entre 2011 et 2012, et de 900 000 barils en 2013, soit équivalent de 3 ans de production de l'Irak.Dans 2 à 3 ans la production des USA devrait dépasser celle de l'Arabie saoudite. Donc le prix du brut chute et le marché mondial suit.

Lorsqu'on sait le danger que représente l'exploitation du pétrole de roche mère pour la pollution des nappes phréatiques et la consommation d'eau potable avec formation de boues toxiques qu'il faut évacuer par camions(dépense énergétique, pollution sonore) et la dégradation du réseau routier par le poids des camions, et que d'autres part on assiste à une diversification de réserves de pétrole brut donc de bien meilleur qualité, et le danger de déstabilisation que représente pour des pays, Arabie saoudite notamment, la chute du baril de pétrole, on peut considérer que l'exploitation du GDS en Europe ne peut relever que de considérations géopolitiques et non pas économiques.

La politique énergétique des USA semble en effet avoir largement servi une politique géostratégique:

23 nov 2013 accord de Genève sur le nucléaire entre l’Iran et les 5 membres permanents de l’ONU : l’abondance du pétrole a permis l’embargo sur celui de l’Iran qui perdit 70°/° de ses rentes pétrolières et 50°/° des revenus de l’état, avec pendant ce temps une production de l’Irak en passe de devenir « un grand du pétrole ». Ces accords, bien entendu, provoquèrent la colère de l’allié saoudien. Là encore, les USA pouvait se le permettre de part cette ère d’abondance pétrolière. Et l’Iran comprit que l’arme pétrolière était révolue.

Samuel Furfari

En ce qui concerne l'Europe, l'exploitation du GDS pour diminuer les importations hydrocarbures pose de nombreux problèmes:

  • Exploitation plus complexe qu'aux USA, dans des zones plus peuplées donc plus chère et se heurtant à l'hostilité des habitants craignant pour leur eau, notamment pour l'agriculture mais aussi le tourisme(lac). Les projets actuels concernent seulement la Pologne et le Royaume uni pour cette raison, mais d'autres pays , Ukraine, Roumanie, Lituanie, Hongrie, peut être l'Allemagne et l'Espagne sans fracturation hydraulique, devraient suivre, seule la France maintient l'interdit.
  • Quand le prix du baril du brut chute et que la production de pétrole devient moins soumise à des aléas géopolitique du fait de la diversité des sources, le GDS européen, plus onéreux que l'américain, avec un risque pour le réseau hydrique donc la santé, l'agriculture et le tourisme, de qualité rendement énergétique bien inférieur au brut, est - il un choix envisageable?

Cependant,la nécessité de renouveler le parc nucléaire français qui vieillit, pourrait encourager, par la fermeture des plus vieilles centrales la production d'électricité par des centrales thermiques utilisant le GDS, d'autant si le gouvernement projette de doter la France d'un parc de voitures électriques. Mais cela serait contraire à une politique de diminution des GES selon les recommandations du GIEC. D'autre part, le gaz naturel, lui, ne présente pas la même souplesse d'approvisionnement que le pétrole, nous verrons cela ultérieurement.

  • Gaz naturel:

L'UE importe 70% de son gaz, l'approvisionnement en gaz est plus délicat que le pétrole, la possibilité de remplacer un fournisseur par un autre est limité par les possibilités d'acheminement des gazoducs, ce sont surtout des stockages souterrains qui permettent de faire face à une rupture d'approvisionnement. Le développement du GNL(gaz naturel liquéfié) donne accès à un plus grand nombre d'exportateurs(17 en 2013). Cependant les terminaux de regazéïfication sont à l'ouest en général, et le réseau européen ne peut garantir un flux d'ouest en Est, et la demande asiatique en GNL s'est accru du fait de la croissance économique de la Chine et le remplacement du nucléaire par le gaz au Japon suite à la catastrophe de Fukushima. Donc pour l'Europe, la perte d'un fournisseur peut difficilement être remplacé par un autre. Le Gaz russe représente 32% de la consommation de l'UE, 31% pour la Norvège et 14% pour l'ALgérie. Mais il existe de fortes disparités, jusqu'à 100% pour la Finlande, Pays baltes et du sud de l'UE. Le contexte politique de la crise russo - ukrainienne fait que la fiabilité du fournisseur russe est mise en doute, mais il n'existe guère d'alternatives:

  1. épuisement des réserves en Mer du Nord
  2. Baisse des importations d'Afrique du nord du fait de contraintes sur la production et augmentation de la consommation locale.
  3. L'Europe ne devrait pas connaître une révolution idem les USA avec les GDS pour les raisons invoquées plus haut.(réserves dispersées, densité de la population, non acceptabilité des populations concernées.

Conclusion: les énergies renouvelables ne devraient représenter que 26% de l'électricité produite en 2020, dans ce contexte, le nucléaire comme le GDS présentant tous deux un danger maximum pour les générations futures, semblent rester d'actualité, peut être jusqu'en 2040 en espérant que la fusion nucléaire(inverse de la fission, deux noyaux d'hydrogène produisant un noyau d'hélium, mécanisme énergétique des étoiles, qui devrait fournir une énergie illimitée et sans radioactivité) puisse permettre une production commerciale de l'électricité.

Si l'on veut éviter les écueils de ces deux dangers, GDS et nucléaire sans attendre une hypothétique fusion nucléaire contrôlée, il faut mettre une politique complexe et ambitieuse et innovatrice. L'objectif pour 2020 à la demande de la France fixé par l 'U.E est d'atteindre 20% de l'énergie consommée en énergies renouvelables, l'Allemagne, elle, s'est fixé 35% comme objectif. Ceci dans un double intérêts: diminuer les gaz à effet de serre(GES) et avance technologique dans un marché appelé à se développer partout dans le monde, mais c'est une électricité chère.

- En ce qui concerne l'effet de serre, le développement de l'éolien et photovoltaïque peut produire aussi indirectement des GES comme en Allemagne ou le surplus part pour les pays voisins, et en période déficitaire, on a recours à des centrales au gaz ou charbon d'où une augmentation du CO2 depuis 2011.

- En ce qui concerne le dynamisme de ces filières, il faut noter que "saisissant les objectifs de l'UE, plusieurs pays asiatiques dont au 1er rang la Chine, ont construit des usines aptes à lui fournir les composants: la plupart des panneaux viennent d'Asie, les entreprises allemandes qui jusqu'en 2008 occupaient la 1er place, sont à ce jour disparues. D'autre part, face à une demande européenne affaiblie par la crise, les nouveaux producteurs d'équipement dans ce domaine, après avoir développé leur marché intérieur, se sont tournés vers des régions en pleine croissance, en Asie, Afrique, Amérique latine; car cela permet à des pays sans ressources fossiles une énergie très compétitive par rapport aux importations: en 2013 56% des nouvelles capacités de production électrique, concernaient une énergie renouvelable, hydraulique, éolienne, photovoltaïque. Le trio de tête reste cependant l'Europe, USA, Chine.

Selon l'A.I.E(agence internationale à l'énergie), cette croissance devrait se poursuivre, le prix des matériaux continuant à baisser. Les résultats seront meilleurs encore quand on aura amélioré le stockage. Reste le problème de dépendance pour le lithium et les terres rares dont la Chine reste le principal fournisseur. Cependant, ces énergies renouvelables, posent problème à la vieille Europe, déjà bien équipée et en croissance modérée, contrairement aux pays émergeant peu équipé et en pleine croissance, où elles peuvent entrainées des surcapacités si elles ne suivent pas le remplacement des anciennes centrales, et où elles peuvent entraînées des dépenses de réseau considérables si leur implantation se fait sans encadrement territorial."

- En conclusion: L'Europe a un handicap majeur avec les USA dans la compétition économique du fait de la production d'hydrocarbure, et la production de GDS européen , plus cher que l'américain, ne changera pas la donne, de même la production intermittente de l'électricité par les énergies renouvelables est chère. Et alors que plusieurs pays européens jouaient la carte solaire et éolien, marché d'avenir dans lequel ils entendaient avoir une supériorité de production technologique, des pays asiatiques, la Chine surtout, leur vole la vedette.

Face à ce dilemme de mettre en danger les générations futures en risquant une pollution criminelle sur plusieurs siècles avec l'option GDS+nucléaire, et le danger de la récession économique par une énergie non compétitive, je ne choisis pas, mais propose une politique audacieuse révolutionnaire:

  • Devant l'évidence de la poursuite de l'usage des énergies fossiles, il faut en limiter les effets sur le climat par une politique de boisement ambitieuse, puisqu'il s'agit non pas seulement de reboiser mais de faire naître des forêts par des travaux d'irrigation en zone désertifiée par le déboisement ou déserte comme le Sahara. En Europe, repenser l'urbanisation, retour au modèle cité ou villages d'antan, maisons mitoyennes et jardin à l'arrière, supprimer le lotissement de maisons individuels, triple intérêts: gain énergétique de l'isolement du fait du regroupement des logements, diminution de la surface urbanisée et donc des trajets, possibilité de faire en bout des terrains alignés une haie de grands arbres.
  • Ne pas encourager dans l'immédiat un parc de voitures électriques, en plus au détriment du transport en commun selon la proposition de Mme la ministre Ségolène Royal pour ne pas augmenter notre facture électrique, d'origine nucléaire essentiellement actuellement.
  • Miser sur l'Afrique, en acquérant une zone saharienne sous contrôle militaire français avec un grand pôle - production énergie solaire/industrie+ artisanat - couplé.
  • Planification régionale du plan énergie renouvelable afin de l'adapter au potentiel de chaque région, éolien notamment, y compris à haute altitude au niveau de cols montagneux pour approvisionner un village ou une activité artisanale.
  • Développer une politique céréalière en Europe qui permettrait d'avoir un stock de sécurité en cas de grande catastrophe agricole dans un contexte cataclysmique et d'autre part de supprimer la dénutrition ou famine en Afrique. L'exportation en zone saharienne de zone industrielle devrait même permettre d'accroître la surface agricole sans diminuer les zones boisées. Ces céréales seraient acquises par une communauté ou village contre des heures de travail permettant de développer l'urbanisation et donc la filière solaire ou éolienne en Afrique et la lutte contre la désertification, des travaux d'irrigation, le gain de terres agricoles ou la plantation d'arbres fruitiers.
  • Mais la mesure la plus efficace et la plus impérieuse pour diminuer la consommation d'énergie et ses conséquences polluantes, GES, reste le contrôle des naissances à l'échelle mondiale par une politique autoritaire, la gratuité de la stérilisation ou stérilet après le 4e enfant. L'aide au développement devrait être soumise à cette condition, en Afrique notamment. En France, pour les nationaux nés en France, la stérilisation ou stérilet devrait être obligatoire après le 4e enfant et après le 2e enfants pour les couples nés hors de France, le 3e pour les couples mixtes. Les sages femmes devront être autorisées et contre augmentation de rémunération à se former à la pose de stérilet et à la stérilisation par les voies naturelles(méthode Essure par hystéroscopie).

source: dossier énergie n°72 Diplomatie, auteurs: Samuel Furfari, maître de conférences à Bruxelles, Michel Crucianichargé de mission 2014 centre géopolitique de l'énergie et matières premières, Carole Matthieu, chercheuse au centre énergie de l'institut français, OGN Greenpeace, SFNE(association spécialistes de l'énergie nucléaire)

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Published by marie-jeanne jourdan
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gay telephone 03/09/2015 12:49

Sujet très intéressant sera signet votre site pour vérifier si vous écrivez plus sur l'avenir.

voyance gratuite par mail 08/05/2015 14:04

Ton blog est formidable, travail de grande qualité… Je suis certaine que beaucoup seront d’accord avec moi même s’ils ne prennent pas le temps de te le dire

auteur du blog 19/03/2015 16:24

merci

voyance par mail gratuite 19/03/2015 10:49

Bonjour ;
il est sympa ; votre site ! Beaucoup de choses à voir et à savoir… je le mets dans mes favoris, et je reviendrais sûrement.

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centres d'intérêts:histoire et étude des religions,écologie,sociologie. 
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