Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 15:00

Animée par la soif de la connaissance, je partis en ballade sur le net. Et c'est ainsi que ma souris balladeuse cliquetante m'amena sur "Capes 2012 -épreuve d'admissibilité - sciences et vie de la terre - correction".

 

Et là..., quelle ne fut pas ma surprise de trouver insérés dans un compte rendu scientifique aussi sérieux quelques paragraphes relevant plus de l'hypothèse présentée en affirmation, voir de l'idéologie personnelle, que de la conviction scientifique:

- A propos des lions qui tuent les lionceaux de leur rivaux permettant ainsi aux lionnes de s'accoupler plus tôt:

  • correction: Celui qui y a recours transmet plus facilement ses allèles et un tel comportement est donc sélectionné. Mais un tel comportement ne favorise pas la survie de l'espèce, au contraire, il élimine des jeunes déjà formés. Idem chez les ours. La sélection naturelle n'agit pas pour la survie de l'espèce.
  • Je conteste ce raisonnement,
  •  le lion est un prédateur, hors les prédateurs sont en compétition entre eux, une espèce prédatrice plus forte que d'autres espèces prédatrice prend l'avantage, ex: le guépard a vu son territoire diminué à cause de l'homme, mais il ne peut entrer en compétition avec le lion, ce qui aggrave l'action de l'homme. Celui qui tue les lionceaux est le plus fort, c'est un facteur de dymorphisme sexuel que l'on retrouve également chez le gorille plus que chez le chimpanzé car chez le gorille il y a un seul mâle dominant pour un groupe de femelles. Dans la lignée homininés, le dymorphisme sexuel est un caractère archaïque, il évoque un comportement similaire au gorille. On peut donc supposer que la force chez tous les prédateurs est un critère à sélectionner pour qu'une espèce prédatrice puisse évincer d'autres prédateurs et en tuant les rivaux les plus faibles, on augmentent les chances de descendants mâles plus fort(principe de sélection des races domestiques). Donc la sélection "infanticide" du lion favorise la survie de l'espèce, sauf évidemment si l'espèce est en voie d'extinction, ce comportement ne fera qu'accélérer un processus déclenché par d'autres causes.
  • Chez le loup, la force est dans la meute, d'autres prédateurs comme l'ours pouvait être une menace pour lui. Nécessité oblige, le loup, la hyène évoluèrent vers la sociabilité. Le lion, lui, de par sa musculature est un prédateur incontesté, les jeunes mâles frères se regroupent cependant pour rivaliser avec un vieux dont ils convoitent les femelles et pour cela n'hésitent pas à tuer les lionceaux si besoin. C'est la technique de chasse qui détermine également la sociabilité: un lion chasse à l'affut, les proies que les lionnes rabattent, un autre mâle est inutile. Je me souviens avoir vu lors d'une émission télévisé des ours blancs, animaux particulièrement solitaire car prédateur dominant comme le lion, se regrouper et mener une attaque organisée contre des éléphants de mer afin d'isoler et  tuer un jeune; c'était un comportement totalement inhabituelle, et sitôt le massacre commis, ils se dispersèrent. C'est donc bien la nécessité de la chasse qui va déterminer ou non un comportement sociable chez les mâles et les règles de la sélection naturelle sont variable: force du prédateur dominant, sociabilité chez les autres ou lors de disette, intelligence du prédateur pour piéger sa proie. Mais le guépart là encore est menacé: capable de très fortes accélérations(félin le plus rapide) mais sur une courte distance, il est un prédateur spécifique de la gazelle dont il partage la co - évolution dans la rivalité de la rapidité. Mais son territoire rétrécissant avec l'action de l'homme, son comportement solitaire, sa faiblesse musculaire face au lion, sont autant de facteurs de menaces sur l'espèce, car le critère de sélection - la rapidité - est insuffisant pour assurer son adaptation à la modification de son environnement.
  • Chez les herbivores, comme le cerf par exemple, c'est encore la force au combat qui sélectionne à la fois le chef de harde et le reproducteur.
  • Chez les homininés, le dymorphisme sexuel disparait avec l'évolution car la capacité à se servir de son cerveau devient un critère évolutif qui remet en cause "la loi du plus fort". La capacité à se servir de son cerveau devient le critère sélectif chez les hominidés, de même que la sociabilité intégrant un nombre de plus en plus grand d' individus.

 

On peut donc conclure que chez le lion le comportement meurtrier cité plus haut favorise donc la survie de l'espèce, simplement parce qu'il répond à un équilibre du vivant qui détermine les règles(variables selon l'environnement) de la sélection naturelle: tant qu'un prédateur est un prédateur dominant, les mâles sont solitaires et agressifs vis à vis de leur semblable ce qui sélectionne la force et protège l'espèce de l'émergence d'une autre espèce les dominant, la sociabilité née de la nécessité de se protéger de la prédation y compris chez les espèces prédatrices plus faibles, ou encore parfois chez les femelles dans une protection commune de leur progéniture, mâle de leur propre espèce compris. Si le fait que tuer la progéniture d'un rival met l'espèce en danger, c'est que l'espèce est déjà menacé, peut être par la diminution des proies pour diverses raisons, et dans ce cas, il convient de limiter la prédation, voir qu'un grand prédateur disparaisse(au cours de l'évolution, cela c'est produit de nombreuses fois, avec notamment la disparition à l'holocène des grands mammifères prédateurs, peut être en partie sous l'action de l'homme, a peut être permis de conserver un équilibre prédateur - proie, face à une prédation humaine qui devient dominante. 

 

 

- Plus loin dans ce même corrigé on trouve une autre analyse sujette à caution:

  • Il existe des souris porteuse de l'haplotype t sur le chromosome17, cet haplotype a pour effet de tuer les chomosomes qui ne le porte pas, ce qui augmente la transmission de cet haplotype dans la génération suivante.
  • De même chez certaines espèces il existe des X tueurs de spermatozoïdes Y, mais les chromosomes Y dans la population porteuse des X tueurs sont protégés vis à vis de ce tueurs.
Et la conclusion du correcteur est: il n'y a pas d'avantage adaptif nécessairement lié à la sélection naturelle. Tout gène qui est mieux transmis que les autres est sélectionné et se répand. Le gène peut donc être l'unité de sélection. Là encore on montre que la sélection naturelle n'agit pas pour la survie de l'espèce.
En ce qui me concerne, si effectivement il est évident que le gène est l'unité de sélection, le reste de la conclusion ci dessus me laisse septique.
En ce qui concerne l'haplotype t, on constate qu'il existe chez la souris, mammifère connu pour son extrême prolifération. Hors, qui dit grande prolifération gérénationnel dit aussi facteur extêmement favorable à la diversité génétique (ce qui serait le cas de l' ancêtres de tous les  mammifères, à l'époque de la disparition des dinosaures.) par l'apparition de diverses mutations sur un grand nombre d'allèles. L' haplotype t serait donc "un réducteur" du nombre d'allèles différents, et donc un facteur limitant la "dérive génétique", in finé, le garant de la limitation du nombre de sous espèces, voir de leur évolution vers une espèce différente qui pourrait être en compétition avec celle d'origine.  On ne peut donc être certain que cet haplotype t n'ait pas un rôle déterminant fixant les caractères d'une espèce.
Les X tueurs pourraient avoir le même rôle s'il s'agit d'espèces prolifiques ou vulnérable aux facteurs mutagènes.

Pour conclure, la lecture de ce corrigé m'a laissée septique, et je me demande si cette partie d'un écrit sélectif du CAPES avait bien sa place dans un concours où la discussion n'a pas sa place.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by marie-jeanne jourdan - dans evolution et écosystèmes
commenter cet article

commentaires

voyance par mail gratuit 23/03/2017 16:21

Merci pour ces conseils. C’est fou ce qu’il y a comme options et développement gratuits ! On se demande comment il peut demeurer sur la Toile une foule de sites bancals et mal ficelés.

voyance par mail gratuite 25/08/2016 16:51

Superbe article et au passage super blog aussi! Merci pour tous tes conseils.

Présentation

  • : Le blog de marie-jeanne jourdan
  • Le blog de marie-jeanne jourdan
  • : sociologie, comment bâtir un monde viable avec les menaces planétaires qui pèsent sur le monde de demain.
  • Contact

Profil

  • marie-jeanne jourdan
  • formation:médecin
centres d'intérêts:histoire et étude des religions,écologie,sociologie. 
écrivain:auteur de "plaidoyer pour un monde viable"(commande aj56@live.fr)-sociologie- et "le temps des révélations" roman à thèmes, chez publibook
  • formation:médecin centres d'intérêts:histoire et étude des religions,écologie,sociologie. écrivain:auteur de "plaidoyer pour un monde viable"(commande aj56@live.fr)-sociologie- et "le temps des révélations" roman à thèmes, chez publibook

Recherche

Pages