27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 21:50

Eden, le premier "jardin du seigneur" a bien existé, il y a plus de 12000 ans, soit à la fin de la dernière glaciation.

Le terme "jardin du seigneur",  désigne en effet une zone bien irriguée pour des tribus nomades du moyen oreint traversant des déserts: c'est ainsi que l'Egypte(delta du Nil), la vallée du Jourdain, ou encore Sodome et Gomorrhe avant leur destruction, Canaan sont désigné.

D'autre part, Eden est géographiquement bien localisé:

Eden est lié à quatre fleuves: "l'Eternel Dieu planta un jardin en Eden(signification:délices), du côté de l'Orient, et il y mit l'homme qu'il avait formé. L'Eternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréable et bon à manger, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Un fleuve sortait d'Eden et se divisait en quatre bras. Le nom du premier est Pischon; c'est celui qui entoure tout le pays d'Havila, ou se trouve l'or. L'or de ce pays est pur; on y trouve aussi le bdellium(arbre à myhrre qui pousse en Arabie et Afrique de l'est) et la pierre d'onyx. Le nom du du second fleuve est Guihon; c'est celui qui entoure tout le pays de Cush(Ethiopie), le nom du troisième est Hiddékel(tigre); c'est celui qui coule à l'orient de l'Assyrie. Le quatrième fleuve c'est l'Euphrate."

- mais les auteurs de ce texte n'ont évidemment pas des conceptions géographiques modernes: les fleuves ont valeur de frontière naturelle limitant une ère de vie qui les entoure, ils ne se préoccupent pas des affluents, ni même du sens du courant et de la notion source et embouchure: ainsi le Nil pour les anciens égyptiens était "le fleuve", et l'Euphrate "le fleuve qui coule à l'envers" puisqu'il se jette dans le Golf persique par rapport au Nil de direction sud-nord, en direction de la Méditerranée.

 le Tigre et l'Euphrate sont deux affluents se jetant dans "le fleuve sortant d'Eden"  ainsi que deux autres fleuves dont l'un "entourant le pays de Cush" semble être le Nil, et l'autre le pays d'Havila. Mais l'auteur du texte en parlant de fleuve "sortant" et qui se divise en quatre bras, semble évoquer un delta, cela s'explique aisément, l'auteur décrit Eden en se référant "au jardin" de son temps, le delta du nil et ses sept branches.

 Havila cité dans  des textes anciens de part la présence de bdellium et de l'or évoque une région d'Arabie. Ce fleuve entourant Havila est nommé Pischon. Hors, en 1993 des géologues américains observant une carte satellite, découvrit un fleuve fossile qui prenait sa source dans  les montagne du Hédjaz, une région du nord ouest de la péninsule arabique et se terminant dans l'actuel Koweït.

Ce fleuve fossile suivait une faille géologique et aurait disparu il y a au moins12000 ans: ce qui nous fait dater l'histoire d'Eden à cette même période, ce qui correspond à la fin de la dernière glaciation. lire à ce sujet: linkgematrie.online

Il s'agissait donc d' un fleuve se dirigeant encore vers l'ancien lit de l'Euphrate dont la portion terminale se trouve actuellement, sous le Golf Persique(vu par satellite). En effet, le niveau des océans et avec lui celui du Golf persique à monter à la fin de la dernière période glaciaire qui s'achèvera vers -11 000 ans, l'holocène notre ère interglaciaire actuelle, donc il y a 12000 ans et plus, à l'époque d'Eden, le niveau des eaux persique était plus bas et l'Euphrate parcourait une bien plus longue distance avant son embouchure dans le golf, et Eden se trouvait en aval des affluents décrits. Quand au Nil bleu, bien qu'il soit en Afrique et donc n'a jamais pu être un affluent de cet ancien tronçon de l'Euphrate sous les eaux, sa citation dans le texte s'explique aisément: il devait être infranchissable pour un radeau de l'époque, par contre la mer rouge dont le niveau était plus bas qu'actuellement du fait de la glaciation, devait être aisément franchissable avec une embarcation légère. Il s'agit donc d'une tribu de chasseur-ceuilleur, au vaste territoire, allant de l'embouchure de l'ancien Euphrate, jusqu' en éthiopie sur la rive est du Nil.

Ce fut donc l'augmentation du niveau des océans, le changement climatique qui sépara la tribu mère, l'avancée des eaux du Golf, la désertification liée au réchauffement(Eden était arrosé par une buée montant du sol, donc une évaporation dans une région marécageuse à brouillard mais à rare pluviométrie à l'occasion de moussons par exemple): les inondations chassèrent les populations qui furent séparées par les eaux du Golf, l'assèchement de Pishon provoqua probablement une désertification, donc une migration. lire:A travers le livre de la génèse et des tablettes sumériennes recherche des civilisations originelles. Les phénomènes amenant la disparition d'Eden furent les mêmes que ceux qui furent à l'origine du peuplement de cette région, des phénomènes récurrents de peuplement en provenance de l'Ethiopie depuis qu'homo sapiens quitta l'Afrique. En effet, celon l'hypothèse la plus communément admise, l'homme moderne serait apparue d'abords en Tanzanie puis aurait migré en Afrique de l'Est jusqu'en Tanzanie. Vivant probablement en partiede fruits de mer, leur migration aurait suivi la côte jusqu'en Ethiopie où ils auraient traversés la mer rouge dans sa portion la plus étroite quand le niveau de la mer aurait été au plus bas. Le départ du "berceau africain", d'abord fixé vers 40 000 ans, a été repoussé à 125 000 ans: voir blog en quête de sciences article du 27/01/2011(non classé). En effet des squelettes et des outils de pierre taillés remontant à cette époque ont été trouvés à Jebel Faya aux Emirats Unis. Hors, il y a 130 000 ans, nous précise cet article, c'était la fin d'une glaciation, le niveau de la mer rouge était à son point le plus bas, permettant la traversée pendant une courte période du détroit de Bab al Mandhab. Cette tribu ancestrale fut sans doute chassée par la désertification du Dakanil ou les phénomènes sismiques et volcaniques du Erta Ale, et la fin de la glaciation à cette même époque,.

En effet dans le livre de la genèse "il(Dieu) mit à l' Orient du jardin d' Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante pour garder le chemin de l'arbre de la Vie " Ces chérubins aux épées flamboyantes évoquent des monts volcaniques tout comme "les hommes scorpions" de l'épopée de Gilgamesh comme nous le verrons plus tard. Mais cet Eden là n'est pas celui d'Arabie, mais plutôt une région de l'Actuel désert du Dakanil où se situent la chaîne volcanique du Erta Ale dont le souvenir s'est confondu avec celui de l'Eden arabique au fil du temps. 

 

Mais quel est donc cet "arbre de la Vie?"

 

- Pour tenter de le savoir, il nous faut nous replonger dans les tablettes sumériennes:

 

Dans le poême de Enki et Ninshursag, Enki(forme sémite d'Ea Dieu symbolysant l'esprit créatif humain) mange les huits plantes faites par Ninshursag, symbolisant probablement Eden, la terre fertile, et est puni pour cela, il tombe malade. Il mange la plante la plante arbre, la plante miel, la plante mauvaise herbe des chemins, la plante d'eau, la plante épines, la plante câpre, la plante casse. Ce poême montre la disparition de la végétation qui est attribué à l'activité humaine. Dans la bible, la punition divine consistant à chasser le premier homme Adam(sous entendre la première tribu, la tribu d'Adam), est provoquée par la consommation de l'arbre de Vie qui donne la connaissance du bien et du mal. Hors l'usage de plantes aux propriétés hallucinatoires on souvent été associées à des rituels religieux et divinatoires. Très tôt, avant même l'agriculture, l'homme a tenté de favoriser la pousse de certaines plantes dont il avait usage au détriment d'autres. On peut se demander si l'homme n'a pas favorisé, comme ce fut le cas dans notre monde contemporain pour l'introduction du prosopis au Kenya,  peut être simplement en disséminant les amandes de fruits qu'il consommait, l'implantation d'une plante aux effets hallucinogènes poussant dans le désert, dans des zones semi arides, près des fleuves où l'homme vivait, et que cette plante s'est montré invasive, détruisant une végétation dépendant des moussons à une époque où le climat s'assèchait, accélérant ainsi la désertification et la migration humaine. Par la suite, la déesse guérira Enki en donnant naissance à de nouveaux Dieux, symbolisants probablement les activités humaines leur permettant de la nature par la pratique d'un début d'agriculture. Hors dans la bible, il est question du " bdedellium", nom probable de l'arbre à myrrhe, il pousse en Ethiopie et en arabie, a t' il été introduit par l'homme en Arabie? Et une éruption volcanique a t'elle été interprété comme une condamnation divine de cette importation?

 

Les monts volcaniques doubles et la quête d'Eden.

L'histoire humaine est donc jalonnée de quête d'un nouvel "Eden". On constate que cette quête est liée à la présence de monts volcaniques doubles symbole de la présence divine et d'un point d'eau lieu de vie des hommes:

- Quand Gilgamesh part dans sa quête mythique de l'immortalité vers le 3e millénaire avant J.C, il se rend auprès des hommes scorpions pour connaître le chemin de "l'île des bienheureux"où vit "le héros du déluge, celui dont les ancêtres survécuent au déluge en montant dans une barque.

La description qu'il fait évoque deux monts volcanique avec un lac de lave considéré comme "l'entrée du soleil":

"Il finit par arriver devant une montagne dont le sommet était double. C'était le mont Mashu, devant lequel veille des monstres, les hommes scorpions qui gardent la porte du soleil(hors au sommet du Erta Alé il existe effectivement deux cratères donnant sur le lac de larve(évoquant le soleil) parfois liquide, parfois solidifié). Gilgamesh interroge donc les hommes scorpions(des coulées de larve évoquant une forme humaine ou un scorpion?) pour connaître le chemin le menat jusqu'au héros du déluge:

"Personne n'a entrepris pareil voyage dirent les monstres. Derrière cette porte est un tunnel obscur qui s'enfonce sous la montagne, et marcherait-on deux fois douze heures qu'on n'en atteindrait pas l'extrémité. Nul homme ne doit en fouler le sol car il appartient au soleil.

Bien entendu, Gilgamesh ne descendra pas dans le volcan! Mais sans doute des cendres d'une éruption obscurcirent-elles son chemin au travers de la chaîne du Erta Ale, puis, plus au nord il arriva dans une vallée fertile, et enfin il se retrouva encore face "aux eaux du déluge", la mer rouge, et il se rendit en barque sur une île côtière ou sur une île de l'archipel de Dahlak en mer rouge. C'est par le récit du "héros du déluge" que Gilgamesh connaîtra l'histoire du Déluge: les Annunaki déclenchèrent le déluge, le récit est d'une extrême violence, la terre toute entière fut enflammée, les ténèbres la recouvrirent avant que les eaux montèrent jusqu'au sommet des montagnes. Un récit qui correspondrait plus au déluge ayant donné naissance à la mer noire qui aurait donc été favorisé par une éruption volcanique d'un mont à l'entrée de la vallée prédéluvienne, un récit d'origine probablement akkadien qui intégra donc la mythologie sumérienne dès l'origine, bien avant la conquête de Sumer par Sargon 1er l'akkadien.

"Les monts doubles" vont se retrouver à chaque nouvelle "terre promise": l'étroite vallée noyée sous les eaux de la mer noire comportait semble t-il "des monts doubles", tout comme le mont Ararat lui aussi "double": le grand Ararat qui est un strato-volcan et le petit Ararat formé par les projections volcaniques du précédent. Et au pied du grand Aarat se développera la civilisation d'Urartu, près du lac de Van en Arménie.

Mais plus troublant est le nom de Machu ou Mashu donné aux monts double entouré d'un lac remplissant une caldeira, eux aussi monts sacrés des aïnus, dans le parc nationnal d'Akkan sur l'île d'Hokkaïdo. Y a t-il une même nomination orale de ces monts avec celle de la tradition orale de la légende sumérienne qui nous serait parvenus à travers la mythologie sémite? Y a t-il donc un lien migratoire ou une voie commercial ancien entre les sumériens et les AÏnus?

 

 Cette mémoire ancienne d'Eden et des monts doubles, de l'île des bienheureux où vivent les immortels, la croyance des étoiles comme âme d'un héros, sont probablement les éléments qui donneront chez les juifs à l'époque de la révolte des Maccabées à la croyance en un paradis céleste et de la porte céleste du paradis souvent représentée par deux colonnes, mythologie don l'occident christianisé héritera.

 

 

 

 

 

 

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