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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 21:27

 

site Eva Joly:

 Le 17 octobre 1961, la République a été salie par un crime d’Etat.
Ce jour là, ce jour là un massacre a été perpétré en pleine rue de la capitale, piloté par le Ministre de l’Intérieur Roger Frey, le Préfet de Police Maurice Papon et couvert par Michel Debré Premier Ministre et le Président de la république Charles de Gaulle.
 Les faits sont connus : Le couvre feu imposé en France exclusivement aux Français Musulmans a été décrété le 5 octobre. Il l’a été au moment même où les négociations entre la France et le GPRA, le gouvernement provisoire algérien reprenaient après avoir été interrompu suite à la demande de la France , refusée par le FLN, d’amputer l’Algérie indépendante du Sahara et de ses richesse pétrolières.
Pour avoir manifesté pacifiquement à Paris contre le couvre feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, Préfet de police de Paris, des centaines d’Algériens perdirent la vie, tirés à vue, noyés , victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police. Dans les jours qui suivirent, des milliers de manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie.
 
 50 ans après on ne connaît pas le nombre exact des victimes.
50 ans après, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans ce crime d’Etat.
50 ans après si Maurice Papon a été jugé et condamné pour avoir organisé la déportation d’enfants juifs durant la seconde Guerre Mondiale, aucun membre de l’administration n’a été poursuivi pour ce crime qui a tué en une nuit plus d’êtres humains que la tuerie de la Place Tien AN Men en 1989.
 Le sang répandu dans la Seine fait honte à la France. 
 On ne construit pas la République sur des mensonges, des falsifications et des occultations. Le 17 octobre 1961 fait partie à jamais de notre mémoire collective. Les peuples algérien et français ont besoin de la connaître la vérité . La génération des anciens appelés de la guerre d’Algérie, les enfants des pieds noirs et des harkis ont besoins de la connaître La jeunesse des quartiers populaires a besoin de connaître ce qu’ont subi leurs grands parents pour mieux comprendre le poids des séquelles de l’histoire. Les victimes oubliées du 17 octobre 1961 travaillaient, habitaient et vivaient en France. Ils ont été tués en France par des policiers français. Reconnaître les crimes du 17 octobre 1961, c’est aussi contribuer à l’apaisement des plaies ouvertes par l’accumulation des discriminations, des contrôles d’identité transformés en chasse aux facies Si nous ne faisons pas toute la lumière sur les guerres coloniales et leur héritage nous ajouterons aux injustices sociales le poids des discriminations mémorielles. 
 
 Aujourd’hui plus de 60 villes ont des monuments, des stèles, des plaques de rue à la gloire des anciens de l’OAS. La mémoire de la guerre d’Algérie devient un enjeu politique. Les nostalgiques de l’Algérie Française et de l’OAS. célèbrent les « bienfaits de la colonisation », commémorent le putsch des généraux à Alger contre la République , organisent une Fondation pour la mémoire de la Guerre d’Algérie.
Je refuse pour ma part que nous soyons entrainés dans une guerre des mémoires qui encourage le racisme dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyens ou de ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières En 2012, l’Algérie fêtera cinquante ans d’une indépendance. Nous devons construire de nouveaux rapports entre la France et l’Algérie , entre le Maghreb et l’Europe. Pour cela commençons par reconnaître officiellement les massacres commis par la Police Parisienne le 17 octobre 1961 et les jours suivants, comme un crime d’Etat. Organisons la liberté d’accès aux archives effective pour tous, historiens et citoyens, afin que les historiens des deux rives de la Méditerranée coopèrent à la construction d’une mémoire apaisée.

 

 La République a reconnu sa responsabilité dans la chasse aux juifs sous Vichy ; Elle l’a reconnue dans l’esclavage. Elle doit reconnaître aux victimes du 17 octobre et à leurs enfants et petits enfants , qu’elle a failli. Elle en ressortira grandie. 

Eva Joly

 

 

- Ma réponse à Eva Joly -

Madame,

- Vous déplorez à juste titre, le nombre de victimes d'une répression de manifestants bravant le couvre feu en pleine guerre civile. On ne peut que déplorez la perte d'une vie humaine, et si la sécurité de l'état impose une répression, alors cette dernière doit être autant que faire se peut la moins sanglante possible.

- Mais je ne saurais pour autant qualifier de crime d'état, un état légitime qui en pleine guerre civile veut assurer la sécurité de sa population en imposant le couvre feu. Dois je vous rappeler que ces manifestants étaient soient des activistes ou des sympatisants d'activistes indépendantistes de l'Algérie qui gagnèrent sur le plan politique par la terreur en Algérie? Les victimes ne furent pas(sauf un socialiste partisan de l'autonomie et du maintien de la population européenne) des hommes politiques, des hommes riches et influents, des administrations symbole de l'administration française. Non, elles appartenaient le plus souvent au peuple afin de créer un climat de terreur déclenchant la migration des "impies". Les premières victimes de la "toussaint sanglante" furent deux jeunes instituteurs: leur premier poste, fraîchement débarqué pour instruire les enfants du bled. Le caïd du village(chef de tribu), un vieil homme respecté était pourtant allé à leur rencontre pour leur éviter toute mauvaise rencontre. On fit descendre les jeunes gens du car, le caïd s'interposa:"il faudra me tuer d'abords...". C'est ce qu'ils firent!

Si l'assassinat des gardes forestiers pouvait encore se comprendre sur le plan stratégique afin de controler le bled, on comprend moins bien l'assassinat d'un cafetier, du gardien de l'arène d'Alger, si ce n'est la nécessité de semer la terreur et la fuite des européens. Car les crimes visèrent essentiellement les plus humbles car les plus nombreux dans une politique délibérée de meurtres et de tortures. Afin de signer les accords d'Evian, la censure ne passa t-elle pas sous silence le massacre d'une famille particulièrement horrible? Le père démembré à la hache d'abord, puis la mère éventrée, le nouveau né découpé en morceau et replacer sur le ventre de la mère éviscéré vivante, les enfants éventrés...Seule la grand mère fut laissé en vie comme témoin du massacre. Enfin, c'est en tout cas ce que j'ai pu lire dans des revues spécialisées d'histoire.   Quant au général Aussaresses dont j'ai lu le livre, c'est en vain que j'ai cherché dans ce livre "une apologie de la torture" pour laquelle il a été condamné, ce livre ne rapportait d'ailleurs rien d'autre que ce que je connaissais déjà de part mes lectures d'"historia" ou d' "historama". Mais je me suis demandée si en fait on ne lui reprochait pas d'avoir mis dans ce livre le récit d'atrocités des indépendantistes sous les yeux du grand publique, alors que de tels récits dans des revues spécialisées ne touchent qu'une faible partie de la population...Comme ces mineurs européens qui ne firent pas grève tandis que le FLN imposait la grève aux travailleurs musulmans et qui rentrant chez eux, trouvèrent femmes et enfants morts suite à des éviscérations par plaie abdominale. Les soldats d'Aussaresses eurent tôt fait d'arrêter et éliminer la petite troupe d'activistes tortionnaires; ce qui évita un bain de sang comme cela s'est produit souvent: le massacre de musulmans par des pieds noirs fou de douleur après le massacre des leurs, servant ainsi à leur insu, malheureusement, la cause des indépendantistes tortionnaires.

Les bombes qui explosaient dans Alger, explosaient dans des grands magasins, visant encore des civils tout âge et sexe confondu. Comprendrez vous Madame, qu'une manifestation "pacifique" puisse susciter la plus grande inquiétude? Peut être y eut-il des actes relevant de la "bavure meurtrière" mais un préfet laxiste laissant ces "manifestants" dont certains pouvaient être des poseurs de bombes déambuler dans Paris, aurait pu être tenu pour responsable si Paris devenait après Alger leur terrain d'action. La répression face à une telle menace provocante, ne pouvait être que très brutale. Un jour quelqu'un m'a dit:" Imaginez vous des anglais allant manifesté à Berlin "pacifiquement" ou des allemands à Londres tandis que les deux pays échangeaient "des pluies de bombes"?

- Au procès de Maurice Papon, on a dit vouloir "juger l'histoire", le propre avocat des victimes a reconnu que Maurice Papon n'était pas anti-sémite...un ancien résistant juif a témoigné en sa faveur...Mais à plus d'une reprise la répression de 1961 est "tombé sur le tapis"...Mais Papon ne fit qu'appliquer les accords  pris par Bousquet qui lui après guerre restera toujours proche du pouvoir politique et sera "blanchi".

Sans les accords de Vichy qui protégeaient de la déportation les juifs de nationnalité française, sans doute la communauté juive française eut été presque entièrement décimée comme le fut la communauté juive allemande ou polonaise. Sans Papon, les déportés auraient été déportés non pas dans des wagons mais dans des camions à bestiaux comme le préconisaient les allemands, mais Papon refusa. Sans Papon, les enfants mi-juifs(un seul parent juif) eut été aussi déporté. Peut être que sans tout cela, il y aurait eu encore plus de victimes, mais hypocritement l'honneur eut été sauf?

Le procès de Papon me fit mettre en doute de vivre encore en démocratie: que penser d'un procès "pour l'exemple" "pour l'histoire", en somme un procès "éducatif" comme les procès staliniens? Mais un procès qui fera mourir de chagrin Mme Papon. Un procès pour motif "d'antisémitisme" ou une façade pour une vengeance des morts de 1961? J'ai des doutes...Pourquoi dans ce cas ne pas avoir juger Papon pour la répression de 1961 dont il était effectivement l'unique responsable...Pour ne pas avoir à juger des ordres émanant directement de De Gaule? Je m'interroge...

Mais je vous donne raison sur un point Mme Eva Joly: les nostagiques de la colonisation sont nombreux ; en effet si on compte le nombre de descendants ou membres du FLN vivant en France...

Mais il est vrai que l'état français pendant et après la guerre d' Algérie a trahi la France en pratiquant la censure, en abandonnant à un sort horrible les harkis, et dans certains cas c'est montré défaillant vis à vis de la population pied noir qui subit des massacres même après la signature des accords d'Evian: "la valise ou le cercueil" diront les pieds noirs.

 

Mais si je diverge avec vous sur ce point, je vous rejoint sur le plan d'une sortie rapide du nucléaire et vous m'apparaissez comme la seule candidate consciente que l'on joue avec le patrimoine génétique de l'humanité. Et cette sortie se trouverait grandement favorisé par une politique d'implantation de complexes industriels exploitant l'énergie solaire saharienne et utilisant les impôts sur cette activité pour viabiliser le désert(voir ecolobabisme.com)

 

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Published by marie-jeanne jourdan - dans politique
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