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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 22:49

Ce vendredi 27 novembre, j'ai pris le métro parisien en compagnie de ma fille qui m'a dit: "c'est trop triste ce métro, je n'ai jamais vu autant de personnes sans domicile que dans ce métro." Elle a raison, je n'en ai jamais vu autant également. On passe sans un mot sans un regard, mais pas pour autant indifférentes, mais avec un sentiment d'impuissance,  mais pas de fatalité, plutôt le sentiment de l'hypocrisie de l'état qui répond à ceux qui crient fort dans la rue, et ignore l'individu qui meurt socialement, psychologiquement, et son corps vieillit  prématurément, il meurt parce qu'on ne lui donne pas la possibilité de vivre.
Nous croisons des femmes âgées, des hommes de tout âges, jonchant le sol, inerte comme un sac de déchet laissé sur la voie public, dans un duvet, dormant profondément, un jeune homme dont la jeunesse fait peine à voir dans de telle circonstance, un individu, assis sur un siège dans un tel état  de saleté et délabrement vestimentaire et d'abrutissement, qu'il semble relevé de l'aide médicalisée. Il y a aussi des musiciens, à ceux là je n'hésite pas à leur laisser quelques pièces et les remercient de donner un peu de charme à ces lieux de sordide misère. Mais aux mendiants, je ne peux, mendier n'est pas une solution,  mais ils ont peut être besoin pour survivre, de ceux qui donnent un peu d'amour et de nourriture, en leur offrant un en-cas acheté dans une boulangerie.
Non, je ne comprend pas que l'on puisse laisser des êtres humains devenir "clochards".
-Parce que c'est une déchéance mortelle dont ils ne peuvent se relever seul.
-Parce que c'est une aberration sanitaire et économique. Ces personnes, soumises à la malnutrition et aux intempéries sont d'excellents vecteurs d'épidémie et de parasites de tout genre. J'ignore si actuellement les choses ont changées, mais lorsque j'avais fait ma thèse de médecine sur les sans domiciles fixes en 1991, j'avais constaté l'absurdité d'une société où un individu sans domicile était hospitalisé plusieurs fois pour suspiçion de tuberculose, adressé par les pompiers à un service d'urgence  d'une grande ville, et qui a chaque fois subissait radiographie, tubage gastrique ect.., puis s'enfuyait du service où il avait été hospitalisé sans jamais suivre un traitement par antibiotiques antituberculeux.
-Si je suis partisante de l'euthanasie quand il s'agit d'abréger les souffrances de la mort qui s'installe lentement mais surement, je ne peux admettre que des gens meurent ou survivent pour ne connaître que souffrances physiques et morales. Pourquoi les laisser à la rue, quand cela a un coût sanitaire plus élevé que de les loger et nourrir?
Avant de devenir sans domicile, ces gens ont d'abords été des "sans travail", une injustice que personne ne devrait subir.
Le chômage détruit moralement un individu, détruit une famille, entraîne dépression, alcoolisation, et très vite, il deviendra incapable de travailler sans aide psychologique extérieur. En perdant son travail, bien souvent c'est son identité sociale que l'on perd.

Le remède est pourtant simple:
- La mendicité doit être interdite, de même tout individu doit avoir un logement, "son foyer".
-Le travail obligatoire, et l'état dans l'obligation de fournir du travail à celui qui ne peut en trouver par lui même, un travail "d'intérêt général" s'il le faut, comme des actions de dépollution des plages ou débarrasser la nature de déchets sauvages, d 'aides diverses à la collectivité, l'encadrement des enfants pour des activités extrascolaires que le travail des femmes rend parfois difficile, l'aide aux personnes âgées ou handicapées, la plantation et l'entretien de haie faite avec des fruits sauvages afin que tout enfant puisse consommer des fruits, la participation aux grands chantiers écologiques ou restauration du patrimoine. Le dévelloppement d'une agriculture biologique, la nécessité de stocker des céréales en prévision d'un cataclysme touchant l'hémisphère nord et engendrant la perte de la majorité des terres cultivables, la mise en valeur de terres arides ou semi-arides, sont autant de projets permettant le travail d'un grand nombre de travailleurs sans qualification (voir blog complémentaire cartographie géopolitiques, colonne droite du blog)
Le prix d'un chômeur est bien plus élevé que ses indemnités ASSEDIC, il faut y ajouter le prix des pathologies engendrées chez le chômeur et son entourage.

-Tout individu dormant dans la rue, devrait être adressé à un service spécialisé où il serait examiné médicalement et sa situation sociale prise en charge en répartissant les sans domiciles en trois groupes:
:- ceux qui ne sont pas aptes au travail médicalement doivent être placer dans un établissement médicalisé
- ceux qui seraient aptes après prise en charge médical d'une pathologie,
- ceux qui sont aptes au travail seraient regrouper en petites communautées et bénéficieraient d'un poste de travail protégé.
- Ceux qui seraient en situation irrégulière, seraient expulsés.

Lorsque je fis ma thèse médicale en 1991 sur les sans domicile fixe, à partir de dossiers médicaux, archivés parfois sur une période de dix ans, de sans domicile étant passé durant une année par le service de porte des urgences médicales d'un grand hopital de Lyon. Je constatais plusieurs facteurs à cette désocialisation:
- Près des 2/3 étaient français et  souvent originaires de la ville où ils mendiaient.
- Presque la moitié avait été des enfants élevés en foyer sous la responsabilité de la D.AS.S. Souvent, leur enfance s'était déroulé dans des foyers multiples: grand parents, placement après le décès de ces derniers ou placements multiples en famille d'acceuil.
- Les tentatives de suicide répétées, surtout chez les femmes, précédaient la perte de logement. Des affections médicales chroniques également, semblaient jouer un rôle.   
C'était donc avant tout, des individus déstabilisés dès leur enfance par une absence de stabilité famillial que l'état était incapable de combler, et à 18 ans, ils étaient livrés à eux même, alors qu'à partir de la fin des années 70, où l'on a décidé d'augmenter la durée des études pour diminuer les chiffres du chômage, bien des jeunes à cet âge, ne sont pas autonomes.

C'est une raison parmi d'autres, qui fait que je suis favorable au rétablissement d'un service militaire ou civile selon le choix du candidat. Il devrait également permettre de former des jeunes et facilité leur insertion social, la durée pouvant être allongée d'ailleurs en vue d'une formation professionnelle. Il serait facultatif pour les femmes,  compte tenu de l'handicap que représente souvent la maternité dans la vie professionnelle. Par contre, après un arrêt pour éducation des enfants, les femmes devraient bénéficier d'une aide à la réinsertion professionnelle.
La mendicité n'est pas un fléau inévitable, c'est un fléau de plus que le monde utopique écolo-babiste qui a pour ambition de survivre à un cataclysme naturel comme l'explosion certaine de la caldeira de Yellowstone, permet d'éviter par  la solidarité sociale mais surtout une organisation générant de nombreux emplois en s'attaquant à la désertification.
(voir lien blog complémentaire cartographie géopolitiques)
                                                                                                                           



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Published by marie-jeanne jourdan - dans politique
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